Edito du 12 février 2012

Tué par un chasseur

TUE PAR UN CHASSEUR!

Cet « édito » ne semble à première vue n’avoir aucun rapport avec les chiens. Mais vous allez très vite comprendre où je veux en venir.

Les faits : le 23 janvier dernier un enfant de 12 ans se prend une balle en pleine tempe tirée par un chasseur, alors qu’il se promenait dans la campagne avec son père assis à l’arrière d’un quad! Un fait divers relativement grave et important pour qu’il soit relayé par une presse pourtant friande de ce genre d’événement. Et bien non! Rien du tout. Si, peut être quelques lignes dans le journal local où se sont passés les faits. Rien de plus. Quant à  la presse nationale et tout particulièrement la télévision pas une ligne.

Alors la question que je viens à me poser est : si le décès de ce pauvre gamin avait été causé par un chien catégorisé, que se serait-il passé sur le plan médiatique?

Je suis pratiquement persuadé, sans trop m’avancer, que l’information serait passée au journal de 20h, celui de TF1 en tête.

Il me semble que là il y ait deux poids deux mesures. L’importance de l’information n’est pas la même si l’accident est provoqué par un chien ou par un chasseur. Pourquoi?

Bien sûr toutes les suppositions nous sont permises. Et tout particulièrement celle où les fédérations de chasse ont assez de poids pour faire du lobbying auprès de certaines instances qu’elles soient médiatiques ou encore politiques.

Pour mémoire rappelons- nous la loi que Dominique Voynet, alors ministre de l’écologie, avait réussi à faire passer. Il s’agissait tout simplement de réserver le mercredi (ce n’était même pas le dimanche) pour que les promeneurs, et tout particulièrement les mamans avec leurs enfants, puissent aller se balader en campagne sans risque de se prendre une balle.C’était une bonne idée et une excellente initiative qui ne perturbait pas beaucoup l’activité de la chasse. Surtout en sachant que tous les autres jours continuaient à lui être ouvert.

La pauvre madame Voynet. Que n’avait- elle pas fait là! Osez interdire une journée de chasse. Catastrophe! Elle s’est dans un premier temps attirée la foudre des chasseurs.Elle a même été victime de violence personnelle.

Ensuite sa loi n’aura duré que le temps d’un gouvernement. En effet dès que M. Raffarin fut nommé premier ministre, une des premières modifications de loi qu’il s’est empressé d’effectuer, si ce n’est même la première, fut de supprimer ce fameux mercredi non chassé.

Pour dire le poids que peuvent avoir les chasseurs auprès de nos hommes politiques, alors qu’ils ne dépassement à peine le million et demi de pratiquants et que les sondages indiquent que les Français sont en grande partie opposés à la chasse du moins de la manière dont elle est pratiquée.

A contrario la loi sur les chiens dits dangereux, surtout son durcissement en 2008, a vu le jour en un temps record et fut imposée sans réelle concertation avec des parties capables d’apporter un point de vu de connaisseur, d’expert et de sérieux en la matière.

La décision politique a pris le dessus, impulser par une Michèle  ALLIOT-MARIE, alors Ministre de l’intérieur, désireuse de régler ce problème très rapidement :

Les « mauvais chiens » n’ont qu’à bien se tenir. Un point c’est tout! Pas de passe- droit pour eux.

Patrick Siredey